La science des arômes au service du vignoble
Cette année, la table ronde a eu lieu le 5 avril au Centre du Rosé et le sujet concernait « les arômes des raisins et des vins ». Les onologues de l'Institut Coopératif du Vin (ICV) et les onologues adhérents d'ALOÏSE (Association des Laboratoires Indépendants du Sud-Est) ont répondu en nombre. Le professeur Alain RAZUNGLES avait été invité pour l'occasion.
Mini CV
: Après avoir publié une thèse sur les arômes des raisins, ce chercheur a poursuivi ses travaux avec une équipe importante dans le cadre d'une unité mixte de recherche entre l'INRA et l'AGRO de Montpellier. Il est ensuite devenu professeur à l'école d'agronomie de Montpellier (AGRO M) avant de prendre la direction de l'enseignement et la chaire d'onologie de cette même école.

A la question de la maturité aromatique idéale pour les vins rosés, Alain RAZUNGLES a présenté des résultats sur différentes familles de composés. Une récolte trop précoce ne permet pas de bénéficier du potentiel aromatique maximal mais une surmaturité est également préjudiciable à la qualité du produit.
Gilles MASSON a exposé les derniers travaux du Centre du Rosé sur le thème des arômes. Les résultats les plus intéressants porte sur deux molécules à odeur de pamplemousse et de fruit de la passion qui semblent jouer un rôle déterminant dans la qualité des vins rosés provençaux. Leur concentration dépend du terroir, du cépage, de la maturité, de la souche de levure.. Le professeur Alain RAZUNGLES a considéré que cette étude apportait un éclairage nouveau sur la connaissance des arômes des vins. Il a fait état de ses travaux les plus récents sur le cépage Syrah et l'influence de l'ensoleillement des grappes. Il a montré que les grappes exposées au soleil conféraient au vin des teneurs supérieures en certains arômes par rapport aux grappes ombragées.
Après un échange questions / réponses enrichissant entre le chercheur et les onologues, des pistes de recherche ont été proposées par les différents participants : l'analyse de nouveaux marqueurs aromatiques si possible rattachée aux cépages, la prise en compte du stress hydrique, l'évolution des arômes pendant la conservation, l'influence des enzymes, le besoin en bibliographie précise sur les arômes et la possibilité d'étudier des vinifications décalées, plus proches du moment de la mise en marché.
Alain RAZUNGLES a conclu son intervention en considérant que la vinification en rosé était un exercice bien délicat pour atteindre l'équilibre et l'harmonie souhaités dans nos vins.
Alain BACCINO, président du Centre du Rosé, a clos les débats en renouvelant son attachement aux collaborations entre les onologues du vignoble provençal et le Centre du Rosé pour les nouveaux défis qui nous attendent. |